Chanson amère (San Pellegrino)

Propre sur toi

Flottant sans fil

Bref, supposé parangon

Regarde ça

C’est difficile

Je sais, mais c’est la vie d’un con

*

Le désabus

Paraît bizarre

Il dénote le papier musique

J’m’y suis perdu

Pourtant. La barre

Qu’j’ai réservée était oblique

*

Et toi tu gères

T’as trop la classe

Et pas une seule ombre au tableau

Moi j’suis amer

Et dégueulasse

Comme la San Pellegrino

*

Une chose peut-elle

Me rassurer ?

Certainement un peu d’respect

Car on me hèle

Une étrangeté

« Le cerveau, ce s’ra pour après »

*

Je gratte encore

Sur mon ordi

C’est l’intelligence du forçat

Et puis je dort

On me maudit

C’est l’après baccalauréat

*

Et toi tu gères

T’as trop la classe

Et pas une seule ombre au tableau

Moi j’suis amer

Et dégueulasse

Comme la San Pellegrino

*

Et toi ton père

Te donne une place

Le mien est un discret salaud

Qui donc m’espère

Et qui m’enlace ?

Je suis qu’un San Pellegrino

Spiréal

Correspondencia

 

Debes ser muy tolerante,

Y aprecio tu atención,

Pienso que seas sensible,

Es raro en la población.

 

Eres lo más delicado,

Soy la más afortunada,

Porque eres mi amigo,

Y me gusta tu escucha.

 

Por fín, me has comprendido,

Entiendes mis opiniones,

Quizás seas el primero,

Me encanta como eres.

 

Hay mozos muy egoistas,

Si siguieran tu ejemplo,

Si podrían dar consejos,

Qué bello sea el mundo !

 

Me escuchas y ayudas,

Nunca juzgas lo que higo,

Y resuelvas mis problemas,

Tienes razon a menudo.

 

A veces me haces reír,

Y no puedo detenerme,

Eso te hace sonreír,

Mi júbilo se transmite.

 

Cinco horas nos separan,

Y once mil kilometros,

Pero los cifras se borran,

Soló quedan dos amigos.

 

Castouillette

Hiver

Le paysage défile devant mes yeux,

Le vent brûle mon visage et je pleure un peu,

Et même si le froid irradie mes poumons,

J’apprécie son odeur et je respire à fond.

Dans le froid de l’hiver le temps est suspendu,

Animé de ses couleurs chaudes et soutenues,

Je me sens protégée, si légère et vivante,

Les sons de la nature apaisent ma tourmente.

Dans la campagne je renoue avec mes sens,

J’y retrouve ma vraie nature et mon essence,

Son odeur me transporte et sa vue m’émerveille,

Son bruit m’encourage et son contact m’interpelle.

Ses lumières à l’horizon et sa brume douce,

Ainsi que l’eau sombre des marais m’éclaboussent,

Et si le froid s’insinue sous mes vêtements,

Je me sens bien je ne crains plus cet élément.

Castouillette

Orchestre

Arrêtons de mentir : Ce que nous voulons tous

C’est un orchestre qui nous suivrait constamment

Il nous aidera que l’on tire ou que l’on pousse

Et donnera de l’épique au moindre moment

 

On tuerait avec style, on larguerait avec classe

Et nos pleurs seraient les plus beaux de l’univers

Les gens attendraient s’ils nous voient à la ramasse

Et échangeraient tous leurs biens contre un concert

 

J’ai déjà vu des gens rythmés par le Bolchoï

Mais qui ne s’en servait que pour jouer les playboy

Et s’ils échouaient, ils envoyaient l’Armée Rouge

 

Alors que pour moi, personne ne joue quand je bouge

J’en connais la raison et j’en suis presque sur :

Aucun musicien ne jouera  à ma mesure.

 

Spiréal

Translation

On me dit « Aies confiance. Mais ne soit pas prétentieux ».
On me dit « Sois patient, ça arrivera. Mais ne rêve pas trop ».
On me dit « Grandis un peu. Mais ne change pas qui tu es ».

Je suis cette personne. Je ne suis pas celle-là.
Je peux faire ceci. Je suis incapable de faire cela.

On me dit d’être telle personne. Et je veux en être une autre.

 

Transfer

Sucrette

Âme d’enfant

Trop sage et responsable tu veux être adulte

Tes fréquentations, voilà ce qu’il en résulte,

À moins que la fac ne t’ait changé en plus triste,

Tu n’es plus le même gars, soyons réalistes.

 

Fait attention, ne te prends pas trop au sérieux,

Tu n’es même pas majeur et donc pas bien vieux,

Tu peux être drôle mais aussi responsable,

Rigole un peu, ton travail est irréprochable.

 

Je pourrais être comme toi trop raisonnable,

Mais rappelle toi, je suis un peu vulnérable,

Maintenant je préserve ma part d’innocence,

En restant responsable j’écoute mes sens.

 

Pas encore majeure et  déjà plus enfant,

Et même l’an prochain quand j’aurai dix-huit ans

Je ne me considérerai pas comme adulte

Encore innocente j’évite les tumultes.

 

Même quand j’aurai vingt ans je continuerai,

Je courrai en chaussettes dans les escaliers,

Danserai en pyjama devant ma fenêtre,

Impulsive, drôle et libre dans tout mon être.

 

Le printemps je me roulerai dans l’herbe verte,

Dans mes cheveux je glisserai des pâquerettes,

L’hiver je ferai des bonhommes de neige,

De vos normes et des modes je me protège.

 

Mon modèle de vie n’est pas parfait bien sûr,

Mais si un jour tu veux retrouver ta nature,

Viens dans mon monde idéal, libre et insouciant,

Pour retrouver une heure ton âme d’enfant.

Castouillette

Porter un book est missaire

Qu’est devenue aujourd’hui la littérature de demain,

Celle qui était censée renverser les pires états ?

Désormais elle subit les quolibets du millénaire .

 

Car voici tous leurs clichés : Tous leurs écrits seraient vains

Puisque la musique à son rythme l’efface au combat.

Porter le bouc est méchant, porter un book est missaire (*)

 

Dans les bibliothèques, on ne trouve guère que des rats

Et nos Khomiss (*) manquent d’impact, trop d’espaces donnent un rien

Le livre n’est plus pur , du cachet du luciférien

Qu’on nomme l’étiquette : La culture ne se taxe pas.

Bref, bien trop d’écueils sinuent la route vers le bouquin

 

Et voici d’autres clichés : lire est pour les têtes d’empire

Et la moitié des essais sont faits pour les élites

A chaque rentrée, un hectolitre d’encre se perd ;

Il n’y a guère pour eux de vrai qu’une histoire de vampires

Au mieux de sorciers , mais qu’ont -ils gardé des anciens rites ?

Mais peut-on leur proscrire de dire : « Read a book and miss air »

 

Ils en oublient le quatrain, et moi aussi, c’est marrant

Et mettre quatorze pieds par vers n’est pas militaire

Mais sans être vantard, il reste vrai pour notre temps

Que celui qui porte un book est missionnaire

Spiréal

(*) = Ces mots existent vraiment, il s’agit d’argot polytechnicien.